Nous sommes partis pour Madagascar avec un visa touriste de trois mois. Avant de quitter la France nous avions prévu une sortie aux Comores qui allait nous permettre d’obtenir un nouveau visa de trois mois. Nous connaissions peu de choses de cet archipel voisin de Madagascar. En octobre 2005, la veille du ramadan, nous avons atterri sur l’île de Grande Comores. Nous sommes arrivés dans l’excitation et le brouhaha d’un minuscule aéroport. Nous étions les seuls « européens » à bord de l’avion ! Nous étions toute une famille avec un bébé traînant derrière nous une simple petite valise sac à dos à laquelle étaient ficelés nos paires de palmes. Nous avons été immédiatement reçus par le chef douanier qui s’est empressé de remplir les formulaires d’usage à notre place ! Il nous a trouvé un taxi, il a négocié pour nous le prix de la course. Nous avons pris un peu de temps pour visiter cette grande île des Comores, triste et contrastée. Le volcan Karthala dont le sommet est souvent caché par la brume préside au centre de l’île, la côte au relief souvent déchiré par les coulées de lave solidifiée est aussi bordée de plages paradisiaques dont beaucoup ont été transformées en décharges publiques par les villageois. Une population exsangue, vivant à la limite de la misère dans un environnement à l’abandon, sont les symptômes d’une situation politique catastrophique et du peu d'intérêt que porte le monde à ce peuple. Nous avons été très touchés et choqués par cette situation tragique. Nous avons incité nos enfants à réfléchir sur la folie des hommes, qui font payer à cette nature sublime le prix de leur inconscience. Nous avons été surpris de découvrir un pays en ruines dans lequel tout semble avoir été laissé à l’abandon. Tout, y compris notre hôtel, était en pleine décrépitude baignant dans une ambiance fantomatique. Un étrange hôtel déserté, avec pour tout personnel un couple étonné de nous voir débarquer là, bousculant par ailleurs la nonchalance de leur quotidien. Notre objectif était de rejoindre l’île voisine de Mohéli et sa réserve marine. Rapidement nous avons décidé de prendre un petit avion bimoteur de la compagnie locale pour nous y rendre. Lorsque nous sommes arrivés à Fombomi, capitale de l’île, il nous a fallu attendre le taxi brousse, seul moyen de transport, puis nous serrer les uns contre les autres à l’intérieur.
Il faisait extrêmement chaud, les enfants avaient faim, c’était l’heure du déjeuner, nous n’avions rien mangé depuis la veille, Monica est donc partie à la recherche de quelques bananes pour notre tribu, Francis s’en est allé avec Ruben, huit mois, dans le porte-bébé, changer quelques euros en monnaie locale chez « l’indien » qui faisait aussi office d’épicerie et de banque. Sur Mohéli, pas d’hôtel ni de guesthouse, aucun hébergement de ce type… Nous savions que la réserve marine était située sur la côte Ouest, c’est là que nous souhaitions nous rendre, mais sans savoir ou dormir… Mohéli reste le lieu magique où Francis et Léa- Lou ont pu plonger avec les baleines à bosse, une expérience inoubliable que d’effleurer ces doux monstres dans les eaux protégées et transparentes au large du grand lagon. Ce fut aussi une rencontre avec les tortues qui viennent pondre sur le sable blanc des centaines d’œufs chaque nuit. Le temps de faire une belle randonnée pour Francis et Léa et de s’asseoir au centre d’une plantation d’ylang-ylang, dans une clairière, pour s’enivrer du parfum des fleurs. Le temps de cueillir nous même des papayes, des mangues, des citrons, des bananes, des sapotilles, des ananas, des fruits du dragon, des noix de coco… et de les déguster sur place ! Le temps de flâner au milieu des mangroves lorsque la mer se retire, de partir à la recherche du coquillage magique, de revenir en courant lorsque la mer monte. Nous avons été éblouis par la formidable gentillesse de nos hôtes, les habitants du village de Nioumachoua, par la générosité dont ils ont fait preuve à notre égard. Le village de Noumachoua, où nous avons vécu deux semaines est un exemple pour tous ceux qui veulent, dans leur région, protéger leur environnement et développer un tourisme responsable et durable. C’est tout un village réuni en coopérative qui nous a accueilli. De la case en ciment construite par les habitants pour recevoir un visiteur, en passant par les simples mais si savoureux repas concoctés à même le sol sur le feu de bois, en passant par le guide (un pêcheur) qui nous a accompagné pour plonger avec les baleines : Ils ont tout fait, et plus encore pour que nous nous sentions bien… C’est tout un village qui se mobilise pour protéger son environnement, et partager le plaisir d'observer son trésor. Un exemple à suivre. Des instants de pur bonheur pour nous.
Mohéli Archipel des Comores
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